Après le Brexit, le mot du président de Pariseuro

Les membres de Pariseuro « vivent » l’Europe au quotidien. Nous sommes des « Européens ordinaires ». En effet, parmi nous il y a des ressortissants des pays de l’UE mais aussi des Français descendants d’immigrés Européens. On compte aussi des Français(es) en couple avec un(e) citoyen(ne) UE. Et nous ne pouvons pas oublier les papas et les mamans (et les mamies et les papis) d’enfants (et petits enfants) « franco-européens ». Bref, nous savons quelle importance a la coopération et entre les pays du Vieux Continent.

Pour ces raisons l’Europe représente pour nous quelque chose de bon. Néanmoins, nous sommes tous attachés à nos spécificités. Beaucoup d’entre nous croient que ce serait une erreur de penser que les Etats et les peuples n’ont plus aucune raison d’exister. Parmi nous, plusieurs personnes sont persuadées que l’objectif de l’intégration européenne ne doit pas aboutir nécessairement sur la fondation des « Etats-Unis d’Europe ». La raison est simple. En Europe, nous ne pouvons pas nous permettre d’effacer les particularités des peuples, qui se sont façonnés au cours des siècles.

Parmi nous, plusieurs personnes concordent sur le fait qu’au cours des dernières décennies les gouvernants UE et des pays membres ont commis des erreurs pour manque de vision et de créativité.

Je pense que les partis européens de droite ont eu tort, en continuant à diaboliser plusieurs formes de coopération entre les pays UE, pour répondre à des exigences électorales nationales. Faisant ainsi, nous avons perdu l’occasion, par exemple, de créer une force de sécurité commune (que nous pourrions utiliser dans ces temps-ci, marqués par la menace terroriste). De l’autre côté de l’échiquier politique, les partis européens de gauche ont continué à nier à tout prix, l’importance des caractéristiques spécifiques de chaque pays. Faisant ainsi, on nous a interdit de parler « sans langue de bois » (tout en restant dans un cadre respectueux des autres opinions) des risques dérivants des élargissements de l’UE peut-être un peu trop rapides. Mais aussi de débattre sérieusement des préoccupations des Européens face aux crises des migrants.

Pour compliquer les choses, les citoyens de l’UE n’ont presque jamais pu exprimer leur accord ou leur désaccord avec un vote réellement contraignant pour les institutions européennes.

Maintenant on est dans l’ « l’après Brexit ». Je crois que les citoyens Britanniques ont parfaitement exercé leur droit de s’exprimer sur un sujet qui leur tenait au cœur. Ils ont choisi de sortir de l’UE. Personnellement je pense que ce résultat contribuera à faire « redescendre avec les pieds sur terre » plusieurs protagonistes de la vie politique européenne. Certes, quelqu’un a vécu le Brexit comme une claque mais, c’est mon avis personnel, c’était seulement une manifestation de la volonté populaire. C’est justement l’un des points faibles de l’UE. En effet, mise à part des élections du parlement européen, les électeurs UE, ne peuvent pas vraiment exprimer leurs opinions sur les politiques européennes. De plus, bien que les choix politique d’un pays retombent désormais sur tous les autres, seulement ses citoyens ont une possibilité d’approuver ou sanctionner ces choix.

Il est donc claire, à mon avis, qu’on doit donner plus de place aux citoyens. D’une part parce qu’ils ne peuvent plus accepter qu’une classe politique qui s’auto-reproduit, de l’autre parce que à l’ère d’internet, chaque citoyen peut se former une idée très facilement sur des sujets qui ont été longtemps réservés aux élites. Nous pourrions prendre exemple de la Suisse où, sur un territoire extrêmement plus réduit que celui de l’UE, vivent quatre peuples différents qui ne parlent pas une même langue. Bien sûr, nous devons adapter le principe de la démocratie directe dans un espace contenant au moins 27 peuples différents (auxquels il faut ajouter les minorités régionales) et au moins 27 langues, car il est évident qu’il ne serait possible de voter chaque week-end comme ça arrive parfois en Suisse ! Nous pourrions par exemple prévoir des référendums seulement abrogatifs (comme prévu par la l’article 75 de la Constitution italienne par exemple) et poser des conditions pour les convocations des électeurs au référendum. On pourrait imaginer par exemple que pour demander l’organisation d’un référendum, soient nécessaires les signatures de 5% de citoyens de l’UE répartis dans 10 états au moins? C’est juste l’une des nombreuses hypothèses possibles. Certes, le Traité de Lisbonne prévoit que les citoyens puissent faire recours à une initiative citoyenne européenne. C’est un début intéressant mais il faut aller plus loin.

Ayant dit tout cela, je pense que le Brexit nous donne l’occasion de parler franchement, même au risque de perdre sur le chemin d’autres pays. L’Europe continuera d’exister. Sinon, il est clair que nous allons recommencer à nous battre entre nous. Je doute que cela soit la meilleure perspective.

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